Comment sont nées les Heya Sessions ?
L’idée est venue en rencontrant un artiste qui jouait Place Poelaert, bien avant la création de Heya. Il n’avait plus de batterie dans son système son, alors il a lancé en blaguant “Sinon, je joue aussi dans les salons. Tu as un salon ?” Deux semaines plus tard, un premier concert avait lieu chez moi avec cet artiste, White Corbeau. Lorsque j’ai créé Heya, j’ai tout de suite su qu’il fallait, en parallèle du site internet, faire exister des moments en live. J’ai repensé à ce moment, et je me suis dit “Faisons venir des artistes en concert et invitons des gens, tout simplement”.
Qu’est-ce qui rend une Heya Session différente d’un concert classique ?
Une Heya Session est créée sur-mesure pour les artistes, les pros du secteur, et celleux qui les aiment. On invite volontairement des professionnel·le·s à rencontrer d’autres professionnel·le·s, dans un cadre qui facilite les échanges. Chacun·e vient avec quelque chose à partager : cartes de visite, projets, idées. La soirée est pluridisciplinaire, et rassemble artistes et public dans un même espace, sur scène comme en dehors.
C’est un véritable label de soirée, où la création artistique devient un point de rencontre — et où les échanges mènent souvent à de nouvelles collaborations. On repart toujours avec quelque chose : une rencontre, une idée, une opportunité.
Quelle expérience vivent les artistes et le public lors d’une Heya Session ?
Pour les artistes, c’est une forme de networking — mais pensée pour celleux qui n’aiment pas ça. Beaucoup m’ont confié à quel point il peut être difficile d’aller parler à quelqu’un lors d’événements où c’est attendu. Dans une Heya Session, ces échanges se font naturellement, sans pression. Les parrains et marraines jouent un rôle clé : iels créent des ponts entre artistes et public, facilitent les discussions, lancent les conversations.
Pour le public, c’est une soirée foisonnante, dédiée à la découverte. Une douzaine d’artistes se succèdent sur scène, dans une grande diversité de disciplines. On passe du stand-up à la musique, du slam à la danse, de la poésie à la performance. Chaque passage, d’environ 5 minutes, est un moment suspendu. Cette pluridisciplinarité crée une écoute particulière, attentive, curieuse — que les artistes ressentent immédiatement. Je me vante parfois d’avoir le meilleur public de Bruxelles… mais venez voir par vous-mêmes.
Pourquoi les Heya Sessions sont au cœur de l’ADN de Heya ?
Même si le projet initial de HEYA est un hub numérique dédié à l’art et à la culture, j’ai toujours su qu’il devait s’ancrer dans le réel. Parce que notre secteur en a besoin. Parce qu’aucune plateforme ne remplacera jamais la richesse d’une rencontre, la spontanéité d’un échange, l’énergie d’une soirée.
Les Heya Sessions sont l’endroit où cette communauté existe vraiment : où je peux la rencontrer, la voir évoluer, et surtout l’écouter. La plateforme Here You Art n’est qu’un outil, au service des professionnel·le·s du secteur. Elle doit être utile, accessible, inclusive — et pensée à partir de leurs besoins. Ce n’est pas à la communauté de s’adapter à l’outil. C’est à l’outil de s’adapter à elle.
Comment choisissez-vous les artistes et les lieux ?
Pour les artistes, je lance un appel environ trois semaines avant chaque session. Je privilégie la diversité des propositions, la représentation de différentes disciplines, ainsi que l’espace donné aux artistes FINTA. Là où certaines scènes sélectionnent en fonction de la “visibilité” ou du nombre de followers, ce n’est pas le cas ici. Aux Heya Sessions, ce qui compte, c’est le talent, la singularité, et l’envie de partager. Vous y verrez autant d’artistes émergents que confirmés, indépendamment de leur “fame” sur les réseaux.
Pour les lieux, je recherche des espaces chaleureux et intimistes, qui favorisent la proximité et les rencontres. À l’origine, tout est parti de mon salon — et j’essaie de garder cette sensation : celle d’un endroit où l’on se sent bien, presque comme chez soi. Et au fond, cela tient autant au lieu qu’à l’énergie que l’on y crée.
